Par Caät et Suzanne

 


Pour le CESEP, la formation en Education permanente a deux fondements : la réflexivité collective et le passage à l’action politique pour un partage équitable du pouvoir. Suzanne, avec ses collègues, propose entre autres des démarches de formation dans lesquelles les participants développent une compétence d’analyse réflexive, sur eux-mêmes, leurs pratiques associatives ; sur les fonctionnements des groupes, des équipes, des organisations ; sur leur environnement ; sur leur contexte institutionnel voire sur le contexte social et les mutations à l’œuvre. Par ailleurs, elle les invite à explorer les pistes de transformations de ces pratiques associatives, d’une organisation, d’un territoire.Pour le CESEP, la formation en Education permanente a deux fondements : la réflexivité collective et le passage à l’action politique pour un partage équitable du pouvoir. Suzanne, avec ses collègues, propose entre autres des démarches de formation dans lesquelles les participants développent une compétence d’analyse réflexive, sur eux-mêmes, leurs pratiques associatives ; sur les fonctionnements des groupes, des équipes, des organisations ; sur leur environnement ; sur leur contexte institutionnel voire sur le contexte social et les mutations à l’œuvre. Par ailleurs, elle les invite à explorer les pistes de transformations de ces pratiques associatives, d’une organisation, d’un territoire.

Le cœur de la formation est la fabrication collective de savoirs critiques. Suzanne y articule des savoirs théoriques, techniques et expérientiels. La question de la place du corps en formation ne s’est jamais vraiment posée si ce n’est à l’occasion de certaines évaluations de formation. En partant de ces évaluations, pourquoi et comment laisser de la place au corps en formation tout en restant dans le champ de l’Éducation permanente ? Suzanne envisage trois portes d’entrée, le corps comme réalité existentielle et spirituelle ; l’expérience sensorielle et émotionnelle comme outil d’apprentissage critique du monde et enfin le corps comme outil social d’expression, de prise de pouvoir, de positionnement.



Dans plusieurs évaluations de formations, je retrouve des remarques faites par des danseuses et des comédiens. Ils insistent sur l’importance du mouvement, de changer de postures physiques, d’alterner des séquences plus cérébrales avec des séquences physiques. Dans plusieurs évaluations de formations, je retrouve des remarques faites par des danseuses et des comédiens. Ils insistent sur l’importance du mouvement, de changer de postures physiques, d’alterner des séquences plus cérébrales avec des séquences physiques


Par ailleurs, lors d’une évaluation du séminaire démarches créatives, les participants ont souligné qu’en passant par des pratiques artistiques que ce soient les arts plastiques, le théâtre ou la performance, on remettait en question le monopole de la raison et de la parole.


Enfin, j’ai repris la lecture du dossier articulations n°61 Dansez maintenant ! dans le Secouez-vous les idées n°102 où les autrices soulignent la particularité de mettre en jeu le corps, la première interface entre soi et le monde. Elles vont jusqu’à parler de l’intelligence perceptive et émotionnelle. Elles invitent les lecteurs à envisager la danse et le mouvement comme bien plus qu’un loisir, une expression corporelle, un art mais une possibilité de parler de citoyenneté, de pouvoir, d’espace public.

 

Séquences physiques 
La formation se déroule à raison de 6 heures assises sur une chaise dans une salle. Peut-on se former autrement qu’assis ? Quelle place laissée à l’expérience sensorielle  dans l’apprentissage ???
- rencontrer un.e ergothérapeute  et développer !


- Lecture des recommandations sur l’activité physique pour la santé faites par l’Organisation mondiale de la santé en 2010 : On considère aujourd’hui que la sédentarité est le quatrième facteur de risque de mortalité au niveau mondial (…) incidence majeure sur la santé générale de la population (…) santé publique (…).


Outre pour une question de bien-être, l’activité physique dans le quotidien est donc aussi une question de politique publique. Il serait toutefois intéressant de mettre au jour les fondements mêmes au nom desquels on tient cette exigence pour une nécessité. Au travail d’abord : le corps comme instrument de production ou le corps comme espace de bien-être ? 


Petite pensée débridée. Plus profondément, d’où vient cette habitude de détacher le corps de l’esprit ? Comment en sommes-nous arrivés à rester assis 6 à 7h par jour sur une chaise alors que nous sommes les descendants de chasseurs et de cueilleurs ? 

 

A revoir avec l’équipe : Quelle place laisser à des séquences physiques dans la formation ? Quel sens ? Quelle(s) forme(s) ? Quel(s) transfert(s) possibles dans les pratiques des participants ?

 

                 

 

 

Remise en question du monopole de la raison et de la parole
Le cœur de la formation est la fabrication collective de savoirs critiques. On y articule des savoirs théoriques, techniques et expérientiels. C’est vrai qu’avec mes collègues,  nous invitons les participants à analyser, expliquer, raisonner. Finalement, on pense surtout avec des mots pour exprimer ou saisir des idées. 


Par ailleurs, nous leur proposons d’entrer dans une dimension plus sensible en faisant appel à l’intuition, à l’anticipation. Mais, c’est sous forme d’invitation. Pas nécessairement d’expérimentation.


Enfin, une grande partie du métier d’animateur socioculturel est d’entrer en relation avec des gens, des collègues, des partenaires où il s’agit parfois de repérer les intentions de quelqu’un sans qu’elles soient avouées ou explicites ; de résoudre des problèmes liés à nos relations avec les autres ; de susciter la coopération, la solidarité, la cohésion autour d’un projet. Certes, nous partageons des clefs d’analyse stratégique mais de là à « utiliser » le corps pour exprimer une idée, une émotion ou un sentiment ou s’exercer à « la lecture du corps », c’est tout autre chose. de susciter la coopération, la solidarité, la cohésion autour d’un projet. Certes, nous partageons des clefs d’analyse stratégique mais de là à « utiliser » le corps pour exprimer une idée, une émotion ou un sentiment ou s’exercer à « la lecture du corps », c’est tout autre chose. 


Pourtant une émotion, c’est ce trouble, ce bouleversement, cet émoi qui donne un premier signal. La colère qui surgit face à l’impuissance et l’injustice. La peur qui nous indique un danger. La tristesse. La joie... 


Par ailleurs, l’estime, le mépris, l’indignation, l’admiration, la haine, etc. ; tous ces sentiments éprouvés ou exprimés  accompagnent nos actions et influencent nos pensées. 



A revoir avec l’équipe : Percevoir à travers le corps ??? Les possibilités de création, d’expression et de penser par le corps ??? Quelle(s) place(s) pour les pratiques corporelles en formation ??? Lesquelles ???

 

 

 

Prendre la parole - Prendre sa place
Prendre la parole en public c’est avoir les mots justes mais c’est aussi et surtout s’exposer, se dévoiler, se risquer.  Les mains moites, la gorge sèche, les jambes qui tremblent… autant d’obstacles à une prise de parole réussie. Une collègue m’a dit un jour, le trac, c’est de l’énergie à apprivoiser. S’entraîner à prendre la parole en public, c’est découvrir et développer une force de parole. Mais c’est aussi occuper l’espace. Prendre une place dans cet espace. Prendre et tenir une position. Finalement c’est … politique.


A revoir avec l’équipe : Maintenir cet atelier !!!

 

Percevoir le social 
En parcourant l’essai de Michel Bernard, Le corps, il est évident que mener une réflexion sur le corps s’impose à nous puisque quotidiennement, c’est en lui et par lui que nous sentons, désirons, agissons, exprimons, créons nous dit-il. Et il poursuit Celui qui veut « mieux vivre », se doit, semble-t-il, d’éprouver encore davantage sa corporéité pour mieux épouser le monde et la société qui l’entoure. Épouser le monde et la société qui l’entoure ??? Prendre la forme ??? S’adapter ???


Les diverses propositions faites en matière de bien-être, de mieux vivre, de retours sur soi invitent à « habiter » son corps touchant à une dimension existentielle voire spirituelle. L’individu en est le centre. Qu’en est-il de la remise en question des normes sociales imprimées dans le corps ? 


Et si être sensible à ce qui est vivant, soi et les autres était une manière d’éprouver dans et par le corps l’environnement dans lequel on est. Pour y agir. Ce corps parfois malmené en dit long de la violence institutionnelle, de la violence sociale qu’on peut subir au quotidien.


Interroger le sensible à partir de nos perceptions. 


Sentir. Percevoir. Prendre conscience. 


A revoir avec l’équipe : Mettre en jeu le corps, la première interface entre soi et le monde …